Au pied des monuments d'émeutes grecs

GABRIEL MOREST

Au pied des monuments d'émeutes grecs

  • Exposition
Gabriel Morest Au pied des monuments d'émeutes grecs © Gabriel Morest — Galerie B-312
© Gabriel Morest — Galerie B-312

Gabriel Morest a complété un baccalauréat en arts visuels et médiatiques à l’Université du Québec à Montréal en 2010. Depuis, il a pris part à diverses expositions collectives au Québec, notamment au centre d’artistes L’Écart (2012), à Arprim (2011) et au Centre de diffusion Clark (2011). En 2015, on a pu voir son travail dans le cadre de trois expositions individuelles présentées au Centre d’exposition Circa, à l’Œil de Poisson et au Centre d’exposition L’Imagier. 

25 février 2016 au 2 avril 2016

La Galerie B-312 a le plaisir de présenter dans sa grande salle les œuvres de Gabriel Morest.  Ce sculpteur montréalais, qui s’adonne aussi à la peinture, à la gravure et à la performance, entretient un rapport particulier avec la matière, qu’il expérimente, assemble, moule, tord ou façonne. Tantôt en métal lisse et brillant, tantôt en plâtre grossier et rugueux, tantôt en fourrure, les surfaces de ses œuvres, dans leur diversité, donnent au spectateur une envie irrépressible de les toucher. Pour cette exposition, l’artiste propose une installation réunissant des sculptures où différents matériaux s’accumulent en des formes anthropomorphiques et exubérantes. Bien qu’alignées, ces œuvres se dressent, dégoulinent, voient leurs extrémités se développer dans l’espace. Tout cela donne une impression de mouvement. Ce dynamisme est renforcé par les irrégularités de hauteur du socle commun sur lequel elles prennent place, non sans prendre quelques libertés. Ce dernier, en reliant les œuvres entre elles, apporte une cohérence et donne corps à l’installation. On pourrait voir une surenchère dans le fait qu’il soutienne des pièces où il est déjà difficile de distinguer ce qui relève du support et de l’objet. Puisant ses figures dans l’histoire de l’art et celle des civilisations, et grâce à la maîtrise de différentes techniques, bustes antiques, masques tribaux et effigies contemporaines se rencontrent en un dialogue tant inattendu que fécond. Leur verticalité confère à ces sculptures un aspect monumental, totémique. Les monuments, qui font partie de notre paysage et qui, souvent, constituent spontanément le point de départ de rassemblements et de manifestations, sont ici détournés. S’ils sont en règle générale une manière de glorifier, de garder en mémoire des personnages ou des événements importants de toutes sortes, ils peuvent aussi commémorer des instants douloureux comme des batailles. Aussi, malgré son aspect de joyeuse procession, on ne saurait nier le caractère inquiétant, voire la violence sous-jacente qui transparait dans cette galerie de portraits.

 

Ophélie Chalabi