Les jeudis tout ouïe

CHANTAL DUMAS, HÉLÈNE PRÉVOST

Les jeudis tout ouïe

  • Concert
Hélène Prévost Les jeudis tout ouïe

Hélène Prévost a oeuvré à la radio de Radio-Canada de 1977 à 2007, entre autres en tant que réalisatrice et animatrice de nombreuses émissions telles Musique Actuelle et Navire « Night ». Parallèlement à sa carrière radiophonique, elle a poursuivi un travail de composition et d’exploration sonore auquel elle se consacre désormais entièrement. Dernièrement, nous avons pu l'entendre dans 60 ans d’électro !, organisé par Réseaux des arts médiatiques, 2008, et dans L’art des bruits, présenté par le Mois Multi, 2008.

Chantal Dumas s’est mise au piano toute petite et elle pianota plutôt longtemps le répertoire classique. C’est plusieurs années plus tard par le biais de la radio qu’elle aborda la création sonore. Depuis, elle a développé une production variée en création radiophonique, musique électroacoustique et installation sonore. Son travail radio lui a mérité plusieurs distinctions dont trois fois le Prix Phonurgia Nova (France). En ce moment, une sélection de ses compositions est mise en écoute dans le cadre de l’exposition C’est arrivé près de chez vous, présentée au Musée national des beaux-arts du Québec.

 

22 janvier 2009

—JEUDI 22 JANVIER 2009 À 20H

Nous avions invité, lors des événements Nuit blanche 2006 et 2007, Chantal Dumas et Hélène Prévost à produire de courtes performances sonores. Cette fois-ci, nous les avons conviées pour le premier Jeudi tout ouïe de la saison 2009. Ce à quoi elles ont répondu :

« Nous sommes invitées au Jeudi tout ouïe du 22 janvier 2009, mais voilà, il y aura des murs partout. Et on ne peut pas les percer, ni les abattre. C’est très embêtant. Depuis que l’on sait cela, une question est devenue importante pour nous : comment ça marche le son ? La vitesse du son au niveau de la mer fait 340,29 m/sec, Montréal est située à 15 m au-dessus du niveau de la mer, qu’adviendra-t-il de nos sons lorsqu’ils atteindront le 4e étage ? Vont-ils ralentir ? Accélérer ? Se retourneront-ils sur eux-mêmes et jouer à l’envers ? Auront-ils perdu toutes leurs couleurs pour se dissoudre en bruit blanc ?—On ne veut pas se risquer à discuter de physique du son, mais vous comprendrez que l’on soit très préoccupées par le physique des lieux. Et puis, vous n’ignorez pas que le son, ça court le long des murs, ça s’enroule avec le vent, ça passe par la fenêtre en sifflant et c’est même capable de vous surprendre par derrière.—Alors voilà, nous aussi on a commencé à s’attaquer aux matériaux.—Hélène Prévost a déjà les mains pleines de bruits. Elle se prépare, chez elle, enregistrant toutes sortes de sons domestiques. Et puis secrètement lorsqu’elle est toute seule dans son studio, elle les malmène, les triture, les plie. Le soir du concert, elle va tout réinjecter dans l’espace de la galerie et jumeler ses prises de son à des actions qu’elle fera en direct.—Moi, Chantal Dumas, j’aime jouer avec les sons, les bruits, les voix et raconter des histoires avec queue et tête ou sans queue ni tête. J’écris, je fais des syllabes avec les sons puis des mots, et viennent les phrases ponctuées de petites virgules et mêlées à de gros bruits. Puis l’écriture prend soin du point de vue, se sert d’une documentation sonore – et s’empare d’éléments du quotidien et de paysages lointains – alors si tout va bien mon histoire devrait circuler de là à là, entre la musique, la voix, les murs et les bruits.—Pour l’instant on est pas mal occupées vous comprendrez. Il y a encore à faire et tant de questions : Où sera le public, où sera(ont) le(s) point(s) d'écoute, où serons-nous ? » 

—CHANTAL DUMAS ET HÉLÈNE PRÉVOST