BIENVENUE

YAN GIGUÈRE

BIENVENUE

Yan Giguère BIENVENUE © Yann Giguère, exposition "Bienvenue", Galerie B-312, 2002.
© Yann Giguère, exposition "Bienvenue", Galerie B-312, 2002.
12 octobre 2002 au 9 novembre 2002

Yan Giguère connaît parfaitement les limites et les possibilités de la photographie, lui qui en fait depuis plus de quinze ans. Mais il a choisi de s’engager dans une pratique artistique à part entière, il y a huit ans. Qu’est-ce qui, chez lui, a convaincu le photographe de devenir artiste ? J’avancerais volontiers l’hypothèse d’une curiosité, pour ne pas dire une passion, de Yan Giguère pour cet espace singulier qui surgit d’emblée à partir du moment où le photographe orchestre plusieurs photographies ensemble.—Yan Giguère a commencé par présenter des installations composées de près de cent photographies. Il créait ainsi de véritables environnements pour l’œil (des espaces visuels) et pour l’esprit (des figures de sens possibles). Depuis, il a considérablement réduit le nombre d’images dans ses œuvres.—Bienvenue, présentée dans la petite salle de la Galerie B-312, n’est faite que de trois images. C’est sans doute là l’occasion de saisir exactement ce qui conduit Yan Giguère à faire, d’une somme de photographies, une seule et unique œuvre.—Les trois images de Bienvenue, si grandes, et rassemblées dans une salle relativement petite, altèrent l’espace physique. La salle devient l’entre-espace des images où être, ce n’est plus seulement voir, mais aussi éprouver une articulation poétique entre le visible et ce qu’il évoque. Or, ce « poème » témoigne d’une hospitalité inouïe envers l’Autre : une photographie accueillant l’autre sans donner de l’Autre d’autre image que l’autre image justement. Une éthique se dessine alors, pas de points de vue spectaculaires ni d’iconographies extravagantes pour figurer l’altérité, pas d’acrobaties techniques qui feraient oublier que l’Autre, c’est autrui, simplement autrui…

—Jean-Émile Verdier