Atlas : Constellation II

Simon Bertrand

Atlas : Constellation II

  • Exposition
© Simon Bertrand—Atlas (2015)

Simon Bertrand est né en 1980. Il obtenait en 2009 une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’UQAM. Son travail a été présenté dans le cadre de plusieurs expositions individuelles. Notons, entre autres, à la Galerie de l’UQAM (2009), aux maisons de la culture Marie-Uguay (2010) et Maisonneuve (2013), ainsi qu’à la Galerie René Blouin (2014-2017). Parmi ses expositions collectives, soulignons The state of parenthesis, Galerie UQO (2017—Commissaire : Marie-Hélène Leblanc) et Exercices de lecture, Galerie Leonard & Bina Ellen (2015—Commissaire : Katrie Gagnon). Il a participé au Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul en 2014. Ses œuvres figurent dans de nombreuses collections privées au Québec et au Canada, ainsi que dans la collection Prêt d’œuvres d’art du Musée national des beaux-arts du Québec.
Simon Bertrand est représenté par la Galerie René Blouin.

L'artiste sera présent les samedis de 14 h 30 à 17 h.

6 septembre 2018 au 13 octobre 2018

Depuis la dernière décennie, Simon Bertrand a développé une pratique artistique où les textes emblématiques - littéraires, poétiques, religieux - agissent comme points d’ancrage. Il s’est entre autres astreint à une retranscription intégrale de la Bible, détournant au passage la figure du scripte. Il ne s’agit pas ici de dupliquer le livre, mais bien plutôt de montrer d’un seul coup d’œil le texte, rendant visible le geste de l’écriture dans sa matérialisation, sous-tendant le caractère performatif de l’entreprise. Ses retranscriptions, exigeantes physiquement, lui auront d’ailleurs laissé des séquelles l’obligeant à revoir son processus de travail lors du premier volet d’Atlas présenté chez René Blouin en 2017. Il s’est alors mis à mémoriser les textes pour les réécrire les yeux fermés. Dans le même élan, il a élaboré une carte céleste composée d’un million de points représentant les galaxies visibles à ce jour. Allégoriquement, ces points représentent un texte, un auteur, qui seront ensuite reliés pour former une constellation fictive unissant diverses temporalités et champs de connaissances.—Pour Atlas : Constellation II, Simon Bertrand a poussé encore plus loin ses recherches de transposition textuelle. En effet, s’il ne change pas le contenu des textes, il les reconfigure afin de mieux se les approprier : ratures, mises en espace et plus récemment, traductions visuelles codées et écriture de la droite vers la gauche (1). Ces stratégies insufflent de nouvelles formes, créent de nouveaux dialogues en convoquant différemment les textes tout en étoffant les propositions de l’artiste.—Après s’être imprégné des textes, Simon Bertrand est en quelque sorte passé de l’autre côté du miroir en créant, in situ, un espace textuel immersif. Au mur, une nouvelle de Miranda July est retranscrite dans une écriture codée faisant référence au phénomène neurologique de la synesthésie nommée graphème-couleur. L’artiste a attribué une couleur à toutes les lettres de l’alphabet. Pour les voyelles, il a utilisé le poème éponyme de Rimbaud, et pour les consonnes, il a consulté des statistiques faisant montre des couleurs les plus souvent perçues par les synesthètes. Dans la petite salle de la galerie, l’on peut d’ailleurs apercevoir la première occurrence de cette écriture codée avec le poème d’Anne Hébert Il y a certainement quelqu’un. Cet encodage libère l’artiste de la forme latine de la lettre qui se voit simplement remplacer par une marque, un trait, rappelant les premières formes d’écriture. Après ses premières retranscriptions qui l’auront fait connaître, Simon Bertrand a su qu’il devait solliciter la participation d’amis et d’artistes afin de poursuivre ses recherches. Ainsi, pour Atlas : Constellation II, il a fait appel à divers collaborateurs (2), laissant entrevoir de nouvelles ouvertures dans sa pratique.

ISABELLE GUIMOND

1. Ce renversement dans l’orientation de l’écriture perdure depuis son projet The Prophet où le texte de Khalil Gibran fut recopié en anglais et en arabe. Cette œuvre est liée à la disparition subite d’un ami. Conserver cette façon d’écrire est, pour l’artiste, une façon d’honorer sa mémoire.
2. Le projet de la murale a été réalisé par Simon Bertrand et Élise Lafontaine. L’artiste tient à remercier Nicolas Dufour-Laperrière, Maude Arès, Alexandre Bérubé, Éric Bolduc, Vanessa Suzanne, Élise Lafontaine, Éliot B. Lafrenière, Maggy Metsos et Gabrielle Gauthier.