1+1=1, Mother tongue

KUTLUG ATAMAN, ZINEB SEDIRA

1+1=1, Mother tongue

Dans le cadre du Mois de la Photo à Montréal
Commissaire invitée—Gaëlle Morel
Exposition
Kutlug Ataman 1+1=1, Mother tongue

 

Originaire de Turquie, Kutlug Ataman vit et travaille à Istanbul. Son travail traite d'individus marginalisés, examinant les voies par lesquelles les personnes créent et réécrivent leurs identités, rendant floue la limite entre la réalité et la fiction. Son travail a été présenté au sein de différents festivals, institutions et biennales tels la Documenta (2002), les Biennales de Venise (1999), São Paulo (2002), Berlin (2001) et Istanbul (1997, 2003 et 2007) de même qu’à la Triennale de la Tate en 2003. Ses œuvres font partie d’importantes collections internationales publiques privées. Il recevait en 2004 le Prix Carnegie.

Née en 1963 à Paris, Zineb Sedira vit présentement à Londres. Son œuvre se nourrit de ses identités algérienne, française et britannique. Artiste vidéaste et photographe, elle s’intéresse à l’identité, la culture, la mémoire et le langage. Les thèmes du nomadisme, de la migration, de la notion de patrie, rayonnent bien au-delà de la relation historique et contemporaine entre la France et l’Algérie. Son travail a été présenté au sein de différentes institutions et biennales telles la Biennale de Venise (2001), la Tate Britain (Londres, 2002) et le Centre Georges- Pompidou (Paris, 2004).—Jean-Émile Verdier

 

4 septembre 2009 - 3 octobre 2009

—VERNISSAGE VENDREDI 11 SEPTEMBRE 2009 À 18H

La Galerie B-312 est très heureuse de s’associer à la 11e édition du Mois de la Photo à Montréal, Les Espaces de l’image. Elle appuie ainsi le projet de Gaëlle Morel, commissaire de l’événement, qui souhaite « explorer la question des dispositifs et de la mise en espace […] de différents projets photographiques présentés au cours de ces dernières années ». Aussi, parmi les propositions que Gaëlle Morel lui a faites, la Galerie B-312 a choisi d’exposer 1+1=1 de Kutlug Ataman et Mother Tongue de Zineb Sedira, deux installations vidéographiques présentées respectivement dans la grande salle et la petite salle de la galerie.—Les deux œuvres traitent de l’érection d’une frontière ; frontière culturelle et territoriale dans 1+1=1 ; frontière linguistique dans Mother Tongue. Dans 1+1=1, Ataman met en scène deux captations vidéographiques de la poète chypriote d’origine turque Nese Yasin en train de raconter deux souvenirs liés à la division, en 1974, de l’île de Chypre en deux territoires politiques, la République de Chypre et la République turque de Chypre du Nord. Dans Mother Tongue, Sedira met en scène la frontière linguistique qui s’est mise à exister entre sa fille et sa propre mère, après que la famille ait connu deux émigrations sur trois générations, de l’Algérie vers la France d’abord, de la France vers l’Angleterre ensuite. Ataman et Sedira n’optent pas pour la fiction, ils relatent des expériences effectives. Le photographique dans ces deux œuvres relève de la dimension documentaire du sujet représenté. Mais pas seulement.—Le photographique est un terme générique utilisé pour désigner l’ensemble des caractéristiques spécifiques de l’image photographique ; la valeur documentaire en est une. Si une photographie réunit toutes ces caractéristiques, d’autres types d’images n’en convoqueront que quelques-unes. Le photographique a largement été théorisé au moyen de la théorie du signe indiciel. Cette conceptualisation du photographique a eu un destin tel qu’un syncrétisme se sera formé entre le fait photographique et le fait indiciel. Parce qu’il s’agit d’installations vidéographiques, et parce qu’ils sont choisis au nom du photographique, 1+1=1 d’Ataman et Mother Tongue de Sedira obligent une révision de l’unilatéralité d’une telle conception du photographique. En les jumelant, la Galerie B-312 crée délibérément une situation capable de donner accès à une dimension du photographique, dont la théorie du signe indiciel n’a pas tenu compte.—On oublie trop souvent que la photographie est une technique de fabrication d’images, dont le résultat est à chaque fois imprévisible, dans la mesure où l’écart qu’il y a entre une prise de vue et son résultat est incalculable, du simple fait que l’acte de viser et le déclenchement de la prise de vue ne peuvent techniquement pas être simultanés. La théorie du signe indiciel a oublié ce fait : un acte photographique produit une trace, soit, mais cette trace est imprévisible.—Une trace imprévisible, telle est bien le résultat de la double émigration dans la famille Sedira, dont Zineb Sedira ne prend acte qu’après-coup. Imprévisibles aussi les traces laissées par la division de l’île de Chypre dans le psychisme des Chypriotes, et dont Nese Yasin se souvient après-coup.—Avec 1+1=1 et Mother Tongue, Ataman et Sedira traitent des impacts imprévisibles d’actes aussi décisifs que l’érection de frontières et le désir de les abolir. Gaëlle Morel et la Galerie B-312 y ont reconnu intuitivement les limites de contraindre la conception du photographique à une théorie du signe indiciel. Cette double exposition permet assurément la révision de telles limites. Une révision qu’une lecture par trop littérale de ces deux œuvres rendrait cependant impossible.

—JEAN-ÉMILE VERDIER

 

KUTLUG ATAMAN, ZINEB SEDIRA

1+1=1, Mother tongue

Dans le cadre du Mois de la Photo à Montréal
Commissaire invitée—Gaëlle Morel
4 septembre 2009 - 3 octobre 2009
Kutlug Ataman 1+1=1, Mother tongue

—VERNISSAGE VENDREDI 11 SEPTEMBRE 2009 À 18H

La Galerie B-312 est très heureuse de s’associer à la 11e édition du Mois de la Photo à Montréal, Les Espaces de l’image. Elle appuie ainsi le projet de Gaëlle Morel, commissaire de l’événement, qui souhaite « explorer la question des dispositifs et de la mise en espace […] de différents projets photographiques présentés au cours de ces dernières années ». Aussi, parmi les propositions que Gaëlle Morel lui a faites, la Galerie B-312 a choisi d’exposer 1+1=1 de Kutlug Ataman et Mother Tongue de Zineb Sedira, deux installations vidéographiques présentées respectivement dans la grande salle et la petite salle de la galerie.—Les deux œuvres traitent de l’érection d’une frontière ; frontière culturelle et territoriale dans 1+1=1 ; frontière linguistique dans Mother Tongue. Dans 1+1=1, Ataman met en scène deux captations vidéographiques de la poète chypriote d’origine turque Nese Yasin en train de raconter deux souvenirs liés à la division, en 1974, de l’île de Chypre en deux territoires politiques, la République de Chypre et la République turque de Chypre du Nord. Dans Mother Tongue, Sedira met en scène la frontière linguistique qui s’est mise à exister entre sa fille et sa propre mère, après que la famille ait connu deux émigrations sur trois générations, de l’Algérie vers la France d’abord, de la France vers l’Angleterre ensuite. Ataman et Sedira n’optent pas pour la fiction, ils relatent des expériences effectives. Le photographique dans ces deux œuvres relève de la dimension documentaire du sujet représenté. Mais pas seulement.—Le photographique est un terme générique utilisé pour désigner l’ensemble des caractéristiques spécifiques de l’image photographique ; la valeur documentaire en est une. Si une photographie réunit toutes ces caractéristiques, d’autres types d’images n’en convoqueront que quelques-unes. Le photographique a largement été théorisé au moyen de la théorie du signe indiciel. Cette conceptualisation du photographique a eu un destin tel qu’un syncrétisme se sera formé entre le fait photographique et le fait indiciel. Parce qu’il s’agit d’installations vidéographiques, et parce qu’ils sont choisis au nom du photographique, 1+1=1 d’Ataman et Mother Tongue de Sedira obligent une révision de l’unilatéralité d’une telle conception du photographique. En les jumelant, la Galerie B-312 crée délibérément une situation capable de donner accès à une dimension du photographique, dont la théorie du signe indiciel n’a pas tenu compte.—On oublie trop souvent que la photographie est une technique de fabrication d’images, dont le résultat est à chaque fois imprévisible, dans la mesure où l’écart qu’il y a entre une prise de vue et son résultat est incalculable, du simple fait que l’acte de viser et le déclenchement de la prise de vue ne peuvent techniquement pas être simultanés. La théorie du signe indiciel a oublié ce fait : un acte photographique produit une trace, soit, mais cette trace est imprévisible.—Une trace imprévisible, telle est bien le résultat de la double émigration dans la famille Sedira, dont Zineb Sedira ne prend acte qu’après-coup. Imprévisibles aussi les traces laissées par la division de l’île de Chypre dans le psychisme des Chypriotes, et dont Nese Yasin se souvient après-coup.—Avec 1+1=1 et Mother Tongue, Ataman et Sedira traitent des impacts imprévisibles d’actes aussi décisifs que l’érection de frontières et le désir de les abolir. Gaëlle Morel et la Galerie B-312 y ont reconnu intuitivement les limites de contraindre la conception du photographique à une théorie du signe indiciel. Cette double exposition permet assurément la révision de telles limites. Une révision qu’une lecture par trop littérale de ces deux œuvres rendrait cependant impossible.

—JEAN-ÉMILE VERDIER

 

 

Originaire de Turquie, Kutlug Ataman vit et travaille à Istanbul. Son travail traite d'individus marginalisés, examinant les voies par lesquelles les personnes créent et réécrivent leurs identités, rendant floue la limite entre la réalité et la fiction. Son travail a été présenté au sein de différents festivals, institutions et biennales tels la Documenta (2002), les Biennales de Venise (1999), São Paulo (2002), Berlin (2001) et Istanbul (1997, 2003 et 2007) de même qu’à la Triennale de la Tate en 2003. Ses œuvres font partie d’importantes collections internationales publiques privées. Il recevait en 2004 le Prix Carnegie.

Née en 1963 à Paris, Zineb Sedira vit présentement à Londres. Son œuvre se nourrit de ses identités algérienne, française et britannique. Artiste vidéaste et photographe, elle s’intéresse à l’identité, la culture, la mémoire et le langage. Les thèmes du nomadisme, de la migration, de la notion de patrie, rayonnent bien au-delà de la relation historique et contemporaine entre la France et l’Algérie. Son travail a été présenté au sein de différentes institutions et biennales telles la Biennale de Venise (2001), la Tate Britain (Londres, 2002) et le Centre Georges- Pompidou (Paris, 2004).—Jean-Émile Verdier